Liowec

« Le champion des Luminarchs »

Les origines :

Liowec, malgré son jeune âge, appartenait à ces fils de Caldrion pour lesquels tout semblait écrit d’avance.

Son père, architecte reconnu, dessinait les lignes de la cité comme on trace un destin, sa mère siégeait au Conseil, au cœur même du pouvoir, là où l’on décide sans jamais affronter la rue.

Il avait grandi dans les quartiers nobles, entouré de voix calmes et de règles invisibles, mais rien de tout cela ne l’avait jamais accroché.

La politique l’ennuyait, l’ambition le dépassait, et les sentiments lui semblaient trop confus pour être utiles.

Liowec ne comprenait qu’une chose : la matière, la mécanique, l’équilibre parfait d’un système qui fonctionne.

Depuis l’enfance, il traînait près de la Grande Bibliothèque comme on traîne près d’un phare.

Il y passait des heures, puis des nuits entières, à dévorer des ouvrages qui parlaient de ce que « pour lui » Caldrion faisait de plus grand : le ciel.

Zeppelins, harnais de propulsion, ailes rétractables, projets abandonnés parce qu’ils étaient trop instables ou trop dangereux…

Liowec ne lisait pas pour apprendre, il lisait pour fabriquer. Il voulait créer et tester, encore et encore, jusqu’à arracher la ville à sa pesanteur. Tout le reste n’était que bruit.

Le soir du Grand Brasier, il n’était pas à la Bibliothèque.

Il dormait dans les hauts quartiers, loin des sirènes, loin des marteaux et des moteurs, dans ce silence trompeur qui faisait croire que la cité pouvait encore se tenir sage.

Quand l’explosion retentit, ce ne fut pas un simple fracas, ce fut une déchirure. Liowec se redressa d’un coup, comme si son corps avait compris avant son esprit. Il n’attrapa ni arme, ni vivres. Il saisit son jetpack et rejoignit les quartiers du Brasier sans perdre une minute.

Il vola vers le cœur de l’incendie avec une certitude presque enfantine : les automates allaient agir. Après tout, c’était leur rôle.

 

Lui, il ne venait pas pour sauver des gens, il venait pour sauver le savoir, les livres, les archives, les artefacts ce qui faisait la mémoire de Caldrion.

Il s’enfonça dans les rues éventrées, entra dans des bâtiments qui fumaient encore, arracha des volumes aux étagères, les serra contre lui comme on serre une vie, et repartit plusieurs fois, obstiner, sourd au chaos.

Puis il les vit.

Les automates étaient là, Ils ne couraient pas, ne portaient personne, ils erraient sans but apparent, insensible à la tragédie qui déroulait devant leur yeux. Ce silence mécanique, au milieu d’une ville qui brûlait, eut sur Liowec l’effet d’un coup de masse. Il resta figé un instant, le souffle court, un livre encore contre la poitrine, il comprit que le destin lui avait donné des ailes non pour rêver mais pour servir.

Alors il cessa de ne sauver que des livres, il se mit au service de tous.

Depuis cette nuit, Liowec mena des expéditions dans les ruines pour ramener des survivants, des vivres, et tout ce que la ville laissait derrière elle : outils, pièces, métal, mécanismes. Très vite, son nom circula, porté par ceux qui avaient vu revenir ce jeune homme des hauteurs, noirci par la suie, les mains pleines, le regard fixé sur l’avenir.

Les Luminarchs finirent par lui donner un titre qu’il n’avait jamais cherché : Champion. Un mot trop grand pour quelqu’un qui ne comprenait ni le pouvoir ni ses jeux, mais qui avait prouvé l’essentiel, quand Caldrion s’est effondrée, Liowec a continué d’avancer.